Dans les hauteurs de Montmartre, on virevolte au cœur de l’art

Quand on parle de Montmartre, on imagine presque immédiatement la Basilique du Sacré Cœur de Paris, cette cathédrale qui domine Paris du haut de sa colline. En même temps, vous n’aurez pas tort de penser directement à elle, le monument en bouche un coin. Mais pour moi, Montmartre ne s’arrête pas à cela. Il y a bien plus. Ses quartiers regorgent et recèlent de trésors à trouver. On y sent bien l’essence parisienne avec ses musiciens au cœur des ruelles dallées, son street-art sur les bâtisses de maisons embourgeoisées, et son effervescence de bohème dans ses passages secrets. Vous l’aurez compris, Montmartre est la définition même du charme parisien : ses maisons pleines de verdures, ses monuments historiques, ses escaliers à perte de vue, et ses vignes, ne vous laisseront pas indifférents. Peut-être vous escaladerez les 300 marches d’escalier ou vous prendrez le funiculaire pour atteindre le point nommé sur la colline ? La Butte de Montmartre est le meilleur endroit pour avoir une vue imprenable sur tout Paris, et c’est peu de le dire.

Si vous ne savez pas que faire à Montmartre, vous êtes au bon endroit. Je vous donne aujourd’hui mon parcours en ces terres pleines de surprises. Il vous suffira de prendre la direction d’Anvers sur la ligne 2 de métro. Descendez là-bas, car c’est là que tout commence !

LA BASILIQUE DU SACRÉ CŒUR

Ne vous ai-je pas dit que l’on domine tout Paris ici ? Vous me croyez maintenant ? Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous devez l’avoir constaté par vous-même ! Si vous m’avez, un tant soit peu écouté, vous êtes normalement descendu à Anvers. Que ce soit en bus ou en métro, vous pouvez aborder la chose de tellement de façons. Le résultat est le même. Vous aurez à gravir les marches du Square Louise-Michel pour atteindre cette sublime cathédrale. Vous serez un peu essoufflé, mais pas pour rien, je vous le garantis. La visite vaut le détour. Avant de s’intéresser au monument, vous serez obligatoirement transporté par le charme du lieu. La Place du Parvis du Sacré Cœur est belle et vivante. Que ce soit, le parc bondé d’amateurs de pique-nique, les bancs vert foncé au creux d’escaliers où se cachent quelques romantiques, les rues gorgées de boutiques de porte-clés ou par la vue interminable de Paris, vous vous laisserez indéniablement séduire, j’en suis sûre. D’en haut, vous balayerez d’un regard la capitale, de Vincennes aux Invalides, en passant par des lieux cultes comme le Louvre, la Bibliothèque de François Mitterrand, ou encore le Centre de Georges Pompidou. Prenez un instant pour savourer la vue tout en vous laissant guider par la table d’orientation de la Butte de Montmartre afin de dénicher les gratte-ciel les plus importants.

Une fois rassasié de la vue, c’est au tour de la basilique. Les amoureux de l’architecture seront vraiment ravis ici. On parle d’un monument dont la construction a débuté en 1875 avec un style romano-byzantin, qui ramène plus de onze millions de pèlerins et touristes par an. Symbole de l’adoration perpétuelle, cet édifice est le deuxième monument le plus visité de Paris après la Cathédrale de Notre-Dame de Paris. Je parle ici d’adoration, car la cathédrale a été sacrée « Sanctuaire de l’Adoration », elle est synonyme d’amour et miséricorde de Dieu pour les hommes du monde. Nous devons ce chef-d’œuvre à l’architecte Paul Abadie. Les travaux ont pris une telle ampleur qu’elle est finalisée en 1919, presque 45 ans plus tard. On ne peut pas la manquer sur sa colline à plus de 130 mètres d’altitude et son dôme de plus 83 mètres. Elle est à une telle hauteur que l’on peut même l’apercevoir de la Tour Eiffel, de la Tour Montparnasse ou encore de l’Arc de Triomphe. Sa façade vous subjuguera dès l’entrée. En son centre, la sculpture du Grand Christ et les trois tours ornées d’écailles sculptées, soulignent la charpente de l’église. La crypte, le cœur du monument est aussi accessible après 300 marches (et oui, on aime bien les escaliers, ici) et vous offre un panorama à 360 degrés. À l’intérieur, vous ne pourrez pas rester de marbre face à la grande mosaïque de 480 mètres carrés qui orne le cœur de l’église et ses vitraux.

Alors, partants ? À vos chaussures ! La basilique est ouverte tous les jours et la visite est gratuite.

Quand tu descends à Anvers, tu es immédiatement dans le bain…

Il n’y a pas que moi qui profite du Square Louise Michel…

Paris et ses cadenas d’amour

Elle est impressionnante de près…

Le grand Christ qui orne le monument

Je succombe pour l’architecture, je vous l’ai déjà dit ??? pas vrai?

… la beauté des arcs

Sacré Coeur, symmbole de l’adoration

La grande mosaïque

PLACE DU TERTRE, SYMBOLE DE L’ART MODERNE

Cette place est juste décadente. C’est le lieu ultime de la créativité. Je parle de créativité, car les artistes se ruent pour faire vivre l’art par des peintures et des caricatures dressées sur leurs chevalets. La Place du Tertre se démarque par ses allures de petit village, ses maisons recouvertes de feuillages, ses restaurants aux terrasses interminables et ses galeries d’art. Il faut savoir, que cette place a été toujours été importante. Auparavant, elle jouissait déjà de sa notoriété, car c’était le quartier le plus influent de Montmartre où l’on entreposait les canons de feu. Aujourd’hui, l’art moderne a embrasé les lieux tout en laissant une touche historique. C’est sur cet emplacement de 140 mètres carrés, au milieu des artistes prêts à saisir le moindre détail de votre visage, que l’on va y retrouver l’ancienne mairie de Montmartre qui est désormais remplacé par le restaurant Au Clairon des Chasseurs, le restaurant la Mère Catherine fondé en 1793 et la maison du sculpteur Maurice Douard remplacée aujourd’hui par la Carette, un salon de thé depuis 1927.

Pour y aller ? C’est simple ! Il vous suffit de contourner le Sacré Cœur et longer la rue du Mont Cenis pour y accéder. Vous y verrez en premier lieu, l’église Saint-Pierre de Montmartre. Celle-ci, qui est juxtaposée à la basilique du Sacré Cœur, est l’une des plus anciennes de Paris d’où son importance. Elle comporte le plus petit cimetière de Paris, le cimetière du Calvaire. En continuant sur votre droite, vous serez au sein de la Place. À vous de voir, si vous souhaitez vous extasier devant les tableaux ou manger une glace ? Je vous laisse faire votre choix !

On aperçoit déjà l’église au pied de la Basilique

* *

La place du Tertre avec des artistes hors du commun
ils sont vraiment doués…

L’ancienne Mairie de Montmartre



La Mère Catherine

LE MUSÉE DE MONTMARTRE

En poursuivant notre petit chemin sur la rue Norvins, et en remontant vers la rue des Saules, vous découvrez le long de ces pavés, de charmantes galeries d’art ainsi que des bistrots qui se fondent dans le décor parisien. Vous arriverez sur le Consulat, ce café-bar. Il était auparavant le lieu de rendez-vous par prédilection des plus grands peintres comme Van Gogh, Picasso ou encore Monet. En le contournant, vous vous trouverez nez à nez avec la galerie des céramiques. Je vous conseille un détour dans cette boutique où le commerçant ne manque pas d’inventivité. Peut-être repartirez-vous avec un souvenir ?

Si vous poursuivez sur la rue Courtot, vous ne pourrez manquer le Musée de Montmartre avec sa devanture rose. C’était auparavant la Maison du Bel Air, elle été créée en 1960. Vous vous en doutez, elle regorge d’œuvres fascinantes. Pour vous remettre dans le contexte, il ne faut pas oublier que Montmartre était le lieu de l’art, mais également de la fête. Bar, théâtres, et cabarets animés par le French cancan, voilà ce que venait chercher les plus grands artistes dans une ambiance feutrée, une effervescence sans pareille. Les collections du musée sont telles que vous replongez dans l’histoire de Montmartre. Affiches, peintures ou dessins y sont dressés. C’est sûr, je reviendrai après cette pandémie (elle finira bien un jour) pour profiter des Jardins Renoir qui composent le musée ainsi que son café. En plus d’offrir une vue imprenable sur les vignes de Montmartre, le salon revêtu de sa verrière a gardé une décoration de vie embourgeoisée d’antan. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont nommés les « Jardins Renoir ». Ils font référence au peintre, car c’est ici qu’il s’est inspiré pour créer ses toiles pleines d’impressionnisme. Il a vécu à Montmartre entre 1875 et 1877 et il y a peint des chefs-d’œuvre qui ont marqué sa vie d’artiste comme Le Jardin de la rue Cortot ou La Balançoire.

Un peu plus loin, n’hésitez pas à descendre les escaliers, vous trouverez peut-être des trésors cachés. Et oui, Montmartre, c’est aussi beaucoup de street-art. Il faut marcher dans les ruelles pour en profiter pleinement.

Le Consulat

LA RUE DE L’ABREUVOIR, ON Y ÉTANCHE NOTRE SOIF (LITTÉRALEMENT)

Cette rue porte bien son nom. En plus d’être totalement photogénique, elle est remarquable, car elle commence avec la Maison Rose, l’une des plus célèbres de Montmartre. Aujourd’hui, c’est un restaurant qui propose des mets italiens, les touristes se battent pour avoir le plus beau cliché de cette bâtisse, mais elle a aussi été victime de son succès dans les années 1850 dès sa création. Picasso, Modigliani, Edith Piaf, Charles Aznavour ou encore Albert Camus, tous, ont côtoyé l’endroit. Sans lésiner sur son revers insolite, elle doit sa couleur à Laure Gargallo, maîtresse des lieux et amie de Picasso. Eh oui, elle n’a pas toujours été rose ! Fanatique des maisons colorées qu’elle a remarqué suite à ses voyages, elle a décidé de peindre la maison en rose en souvenir. La maison a donc aussi été le sujet d’inspiration de plus d’un. Le chef d’œuvre le plus connu est la Maison rose de Maurice Utrillo.

La rue de l’Abreuvoir longe le Clos Montmartre. Ce nom n’a pas été un hasard. Le saviez-vous ? Montmartre produit son propre vin. La vigne de Montmartre est la plus ancienne de Paris, soit de 944. Elle compte plus de 2000 pieds. Adélaïde de Savoie, première abbesse de l’abbaye de Montmartre, aurait planté le premier cep. De nos jours, le clos est fermé au public. Le lieu devient intéressant à partir d’Octobre où est organisée la fête des vendanges de Montmartre. En contrebas des vignes, vous avez l’ancien cabaret Le Lapin Agile. C’était le lieu où se réunissaient chanteurs, peintres, et même des voyous venus des tréfonds de Montmartre.

La Maison Rose qui a suscité tant d’intérêt

Les vignes de Montmartre

Le Lapin Agile

SUR LES PAS DE DALIDA

Quand on est à Montmartre, on ne peut s’empêcher de penser à Dalida, cette chanteuse et actrice hors pair des années 1950. Elle est à l’origine de nombreux titres à succès comme « Paroles, paroles » où elle chante avec Alain Delon« Laissez-moi dansez » ou encore « Besame mucho ». Elle aura vendu plus de 140 millions de disques et devient une grande figure de la chanson française. Malgré le succès fulgurant de ces titres, elle est terrassée par une multitude de drames personnels dans sa vie. Elle côtoiera beaucoup d’hommes qui mettront fin à leurs jours. Elle aussi, connaîtra ce destin tragique en 1987 à l’âge de 54 ans.

Mais quel est le rapport avec Montmartre ? Tout simplement, elle a vécu et fini ses jours en ces lieux. Elle adorait la Butte de Montmartre et vous pouvez d’ailleurs décider de suivre sa trace en passant par la place qui lui est totalement dédiée, la Place Dalida. Vous retrouverez le buste qui a été sculpté à son honneur. À la rue Orchampt, encore aujourd’hui, les fans s’agglutinent devant sa maison. Celle-ci est en contrebas du Château des Brouillards. Avant d’y arriver, vous passerez sûrement devant le dernier moulin encore en vigueur, le Moulin de la Galette.

Il n’y a pas que Dalida qui ait été mise à l’honneur ici : rendez-vous au Passe-Muraille. Vous avez déjà vu un homme essayé de sortir d’un mur ? Moi, oui ! La sculpture vous a déjà sûrement fait de l’œil. Elle est installée à la Place Marcel Aymé depuis 1989. C’est l’hommage qui est réalisé en son nom, un écrivain emblématique des lieux. Pour la petite histoire, Le Passe-Muraille est une nouvelle fantastique qui raconte l’histoire d’un employé de bureau qui a le pouvoir de traverser les murs. Malheureusement, c’est un don qu’il n’aurait pas utilisé à bon escient puisqu’il va chercher à trouver l’amour et avoir de l’argent. De ce fait, il resta coincé dans le mur. On ne pouvait pas mieux honorer le travail de l’écrivain par la représentation de cette statue.

Bienvenue à la Place Dalida…
… avec son buste
Le moulin des Galettes
La Maison de Dalida

La Passe-Muraille

LE PASSAGE DES ABESSES ET SA PLACE

Après avoir quitté la Maison de Dalida, vous arriverez sur la Place Émile Goudeau. Ici, on flâne, on chante, on boit un verre. En vrai, ce site n’a pas changé. Tout le monde, poètes et peintres, flânait au Bateau Lavoir. Aujourd’hui, l’on a droit à des concerts improvisés devant le restaurant Le Relais de La Butte. Montmartre n’a pas fini de s’exprimer. Quand je vous dis que l’art est à chaque coin de rue, vous pourrez en juger par vous-même. Le Passage des Abbesses, n’en fait pas exception. C’est l’essence même du street-art. Néanmoins, il n’a pas toujours été comme cela. Le lieu est connu pour d’autres raisons et a une histoire plutôt sombre. Entre les années 1800 à 1900, il était synonyme de crimes, d’activités illicites et de misère. Ces faits sont relatés au sein de plusieurs livres. Heureusement pour nous, la visite, s’est arrêté au street-art bien que la misère a l’air encore bien imprégnée des lieux !

Voici le stop final pour nous, à la Place des Abbesses. Vous pouvez y accéder aussi par le métro. Vous arriverez au milieu de la place. Manèges, barbes à papa et musique, vous devriez finaliser cette balade en beauté. Nous, ma moitié et moi, nous l’avons fini par l’amour. Eh oui, dans le Square Jehan Rictus, en face de la Paroisse Saint-Jean, vous pourrez admirer le Mur des « Je t’aime ». Vous ne savez pas le dire en swahili, en chinois ou encore en créole ? Le mur vous aidera. C’est une œuvre de 40 mètres carrés de long qui est composé de 612 carreaux et de « je t’aime » dans plus de 300 langues du monde entier. Alors, vous avez vu votre langue maternelle ? Parce que même si nous venons tous d’une même nation, nos origines sont différentes et propres à nos mœurs.

Le Bateau Lavoir
La Place Emile Goudeau

Le Mur des « Je T’aime »

Je tire ma révérence et vous laisse vous extasier devant les plaisirs de Montmartre. Quand je vous disait qu’il n’y a pas que le Sacré-Cœur? Maintenant, vous êtes obligés de me croire!

 

6 réflexions sur “Dans les hauteurs de Montmartre, on virevolte au cœur de l’art

  1. Merci pour cette belle promenade en ces lieux enchantés. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas promenée à Montmartre, mais je garde de bons souvenirs d’Anvers et ses environs. Tes photos sont très plaisantes !

    1. Merci, je suis contente que le circuit te plaise. Montmartre se bonifie d’années en années

  2. J’aime beaucoup. Je me disais en lisant cet article que dans un quartier finalement peu étendu, on peut retrouver tant de noms connus, des lieux, des commerces ou des personnes.

  3. Dans mes débuts, j’ai travaillé à la rue Montmartre mais j’étais loin d’imaginer qu’il y avait tant de choses incontournables à visiter dans les quartiers de Montmartre.
    Grâce à votre balade, je vais y remédier lors de mon prochain passage à Paris. Vos photos sont magnifiques. C’est une très bonne description instructive. Bonne continuation.

    1. Merci HM, contente que l’article vous plaise. Il y a effectivement beaucoup de choses à faire à Montmartre.

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